Camille tu es à l'hôpital et j'ai retrouver ça...par hasard.
"Au moment où tu lis ça, il faut que tu saches que je viens d'effacer ce que j'avais écris avant. C'est difficile d'écrire quelque chose de juste. Tomber sur un beau sentiment pour le transformer en mots. Pourtant je lis maintenant, un peu (ça aide à ce qu'on dit) Je te jure que je lis...mais pas souvent. J'ai pas le temps faut dire. Je passe trop de temps à penser. Le clair de ma vie se résume à ça. Tu trouves pas qu'il y a des gens qui servent à rien ?! Oh je sais comment t'es, tu me dirais (en rigolant) -Je te l'fait pas dire !- Je te demandes ça parce que il y a des gens qui me donnent comme un gout de pitié, d'énervement, et l'envie de rire tout en même temps. Tu sais : ces gens un peu artificiels, faussement vrais. C'est comme un rejet. L'autre jour, samedi midi quand je suis rentrée chez moi, mon père étais pas là. Alors j'ai demander à ma mère où il étais. Et elle m'a dit avec un ton sérieux -ça y est il est parti- après un blanc elle a finit par ajouter -nan bon c'était pas drôle. Il est au marché. Je sais pas pourquoi j'ai dit ça.- Sur le moment on a rigolé toutes les trois. Mais en y repensant. Je pleurs. Et tu sais comment je suis, toi. Je pleurs pas et c'est comme ça. Pourtant là. Tu te souviens à mon retour de l'Irlande. O'Sullivan avec toi, comme c'était dur pour moi de me retenir. Pour les deux c'était comme si j'avais plus aucun repères. Quelle étais ma maison et tout le reste. Faut juste que je te dise que je sentais que toi comme repère. Et tu souviens aussi près d'un an avant sur les bords de marne laissant flotter nos pieds, touchants presque l'eau avec le soleil plongeant dans la rivière comme seul vue. Quand tout ça me paraissait loin. Toutes ces histoires de parents, j'y voyait que du feu moi . Pourtant quel été ! Et quand on me dit que MOI je l'aurais senti ça ! Moi j'aurais senti toute l'année précédente comme un pré-sentiment, une vision quoi. Mais ça va bien là-dedans ?! Ecoute la chanson de ELSA - T'en va pas. Tu me dira ce que t'en penses. ça te fais pas penser que... y'a des milliards de gens pareil et que c'est ridicule d'y penser. Moi ça me fait penser qu'au début de l'année sur les fiches de renseignements que les profs nous donnent là où faut remplir 'situation familial' j'ai deux possibilités de réfléctions : Soit -j'ai de la chance mes parents sont ensemble, j'ai franchement pas à me plaindre. Je rempli rien.- Soit - Mes parents ont eu la bonne idée de se séparer mais de se remettre ensemble deux mois plus tard et que c'est oublié pour tout le monde mais qu'en fait il y a des choses encore plus insupportables qu'avant- Ca en deviendrais touchant si je répondais ça sur ma fiche. Hein. Alors je met un petit tiret parce que c'est oublié. Et ne pas prendre ça au drame parce que c'est aucunement mon but.
Tu te rappelles qu'on avait dit que le pire c'était ça. Avoir de la pitié pour les gens ou les gens pour nous. Je souffle un peu là. Faudrait que je t'écrive un livre pour te dire tout ce que j'ai envie de te dire parce que c'est de la tartine tout ça. Bizarre hein. J'aurais voulu que tu restes samedi. Juste un peu. Le temps que les gens qui devaient partir partent. Juste le temps que je ne soit plus obligée de rester avec certains. J'aurais pu me conçacrer amplement à toi et aux autres. Appelle-moi surtout si tu veux que je cherche ta tête avec toi.
Signée : MORGANE LA BANANE"